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PROJETS SPECIAUX > WATER PROJECTION

Une idée originale de Mara DOBRESCO, Nicolas KRUGER et Eric SANGER-MONTEROS

Photos de Eric SANGER-MONTEROS Les Ephémères de Philippe HERSANT

Interprète Mara DOBRESCO

Nombreuses sont les tentatives d’associer image et musique. Mais qu’en est il de la rencontre d’une image fixe avec la musique ? Voilà une expérience beaucoup plus rare...

Les très belles photos d’Eric Sanger Monteros se prêtent merveilleusement à cette exercice. La richesse de leur composition, leur rythme, l’interprétation ouverte qu’elles autorisent, le chatoiement de leurs couleurs, permettent à l’oeil d’y déambuler : la musique met en mouvement le regard et l’ anime.

La photo se met alors en vibration et la musique est perçue comme une fresque. L’image prolonge la musique et la musique perpétue l’image... Elles s’allient, s’épousent et résonnent l’une dans l’autre.

En 2015, le Festival Musique sur Ciel met le compositeur Philippe Hersant à l’honneur. A l’occasion de sa résidence à Cordes, un cycle autour de ses œuvres est programmé. Le Cycle Hersant s’ouvre alors avec la création mondiale des nouveaux Haïkus pour piano à quatre mains, par Mara Dobresco et Nicolas Krüger, commande du festival Musique sur Ciel, et d’extraits des Ephémères par Mara Dobresco.
C’est le point de départ du projet « Water Projection » de mettre en miroir les oeuvres de Philippe Hersant et les étonnantes photos d’Eric Sanger-Monteros. Le choix des photos par rapport à la musique s’est fait après un long travail de recherche et d’introspection.

LE COMPOSITEUR :

PHILIPPE HERSANT
Le cycle des Ephémères est devenu, pour moi une sorte de journal de voyage. On y trouve, en cours de route, des allusions à des musiques très diverses . »

LE PHOTOGRAPHE :
ERIC SANGER-MONTEROS

"J’essaie de révéler l’harmonie que peuvent présenter certains sujets neutres, à première vue insignifiants : quelques brins d’herbe ou quelques feuilles, une simple branche, des reflets. J’y travaille par le point de vue adopté, le choix de l’arrière plan et sa transfiguration par une profondeur de champ adéquate.Peu importe que la lecture de l’image devienne abstraite et la valeur de reportage faible, pourvu que cette harmonie soit dévoilée au point de susciter émotions, rêverie et méditation. C’est ma démarche : tenter de restituer ces harmonies fugitives de l’espace et que mes photos deviennent des fenêtres par lesquelles s’évader."

INTERPRETE :

MARA DOBRESCO, piano

"La beauté du jeu de Mara Dobresco séduit d’emblée par une approche très soignée, un toucher d’une souplesse idéale et une sonorité de rêve...tenant un juste milieu entre la fougue fantasque d’Argerich et la profondeur d’Arrau." Classica
"...on ne peut qu’apprécier la sonorité cristalline, la fluidité des articulations. Toujours soucieuse de rigueur, d’équilibre et d’élégance, elle délivre un discours adapté aux climats nocturnes et mystérieux." Diapason
La pianiste franco-roumaine Mara Dobresco se fait très vite remarquer par le public et la critique pour son jeu plein de tempérament, la finesse et l’élégance de son phrasé. Ses nombreux enregistrements lui ont valu des critiques élogieuses de la presse de spécialité qui n’hésite pas à la comparer à Argerich ou Arrau.

« Ephémères » (extraits) Piano Solo

En cet automne
En cet automne pourquoi dois-je vieillir, oiseau dans les nuages ?
Le pluvier
Nuit ténébreuse il ne retrouve plus son nid, le pluvier qui crie
La luciole
Au bout de l’herbe,
dès qu’elle tombe, la luciole s’envole
Dans l’air du soir
La cloche se taît le parfum des fleurs en écho, dans l’air du soir
Poissons blancs
Au lever du jour, l’éclat blanc des poissons blancs d’un pouce de long
Vent d’automne
A l’est, à l’ ouest même tristesse vent d’automne
Ouragan
Nuit sans lune sapins millénaires qu’empoigne l’ouragan
Lune voilée
Lune voilée sur l’ auvent de la chapelle, des gouttes de pluie
Bambous
Couchés par la pluie, les bambous se redressent et contemplent la lune
Enchantement
La porte fermée étendu, silencieux enchantement
Guerriers
Herbe d’été seule trace du rêve de tant de guerriers
Une fourmi
En plein jour j’ai vu une fourmi cette nuit elle me hante
Oiseau des silences
Mélancolie conforte ma solitude, oiseau des silences
Au temple de Suma
Temple de Suma à l’ombre des arbres j’entends les flûtes d’autrefois
Le poulpe
Pris au piège le poulpe rêve sous la lune d’été
Nuage
Ce nuage là-bas de qui enveloppe-t-il les larmes
Chevauchée
Froides rizières je voyage à cheval mon ombre rampe à terre
Le héron
Un éclair déchire la nuit noire cri du héron
L’arc à coton
L’arc à coton évoque le son du luth à travers les bambous
Vallée du sud
Bénis soient ces lieux où le vent parfume la neige vallée du sud
La voie lactée
Mer houleuse ! et là-bas, vers l’île de Sado la voie lactée
Le canard
La mer s’assombrit cri du canard si vaguement blanc
Désolation hivernale
Désolation hivernale dans le monde sans couleurs le bruit du vent
La lande
Malade en chemin mes rêves parcourent encore la lande désolée

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Isabelle Raché Chappellier
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